Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

La Fontaine de Bakshisarai

C'est un ballet très ancien, très russe (1934) et la grande Galina Oulanova y fut sublime -
Ce ballet ne franchit hélas pas les frontières de son pays d'origine et pourtant la fascination que l'oeuvre exerce est indéniable. Jiri Kylian affirme que son amour de la danse provient, en partie, de l'émerveillement qu'il avait eu enfant au spectacle de ce ballet à Prague :" il y avait d'étranges danses ethniques d'Asie Centrale, des seigneurs, des combats entre Polonais et Tartares  -j'ai littéralement adoré !"

L'argument s'inspirait d'un poème de Pouchkine - l'amour rend plus humain un sauvage barbare.
Tout commence dans la paix et le calme de l'anniversaire de la princesse (tiens, encore !) polonaise Maria dans le palais de son père. Le tête-à-tête de la jeune-fille et de son fiancé Vaslav est interrompu par l'intrusion des Tartares et deleur cruel chef Gireï, qui, séduit par la beauté de la jeune princesse l'enlève après avoir tué son père et son fiancé.
Le deuxième acte se déroule dans le harem de Gireï avec force eunuques et épouses voilées. La favorite, Zarema, par maints divertissements s'occupe en attendant le retour du guerrier. Quelle n'est pas sa déception quand elle le voit revenir avec la douce Maria.
Au troisième acte: Gireï tente de gagner l'amour de Maria. En oubliant son couvre-chef dans la chambre de la jeune fille qui l'a repoussé, il ne réussit qu'à éveiller la jalousie de Zarema qui la nuit s'introduit dans sa chambre et poignarde Maria.
Le quatrième acte montre d'emblée le changement opéré par ces dramatiques évènements sur le caractère du chef Gireï- Seul dans la grande cour de son palais, plongé dans ses pensées, il reste indifférent à la joie des guerriers victorieux, de retour d'une nouvelle razzia, comme aux derniers gestes d'adieu de Zarema que l'on jette dans un précipice. Il reste tout le temps apathique devant la somptueuse danse tartare organisée en son honneur et ne répond rien à son second, Nurali, qui veut l'entraîner vers de nouvelles aventures -
A l'épilogue, on le retrouve prostré au bord dela fontaine de Bakshisaraï élevée en souvenir de Maria et celle-ci apparaît soudain pour lui montrer douloureusement sa blessure avant de s'évanouir à jamais, le laissant éploré et solitaire au bord de la fontaine.

Une anecdote qui se passe alors que les enfant Nijinski étaient enfants, Vaslav et sa soeur Bronia Nijinska - leur mère tenait le rôle de Maria la princesse polonaise et bien sûr on avait emmené les enfants au spectacle -
Bronia raconte cet événement :
"Nous étions assis côte à côte, mon frère et moi et sur la scène un bal avait lieu dans un palais : on y dansait des polonaises, des mazurkas et des cracoviennes et Vaslav s'écria "mais je sais danser ça, tout ça !" - Soudain surgit sur la scène un Tartare à cheval, les lumières devirent rouge sang et les invités s'enfuyaient épouvantés - le Tartare saisit maman, la princesse polonaise et la jette en travers de son cheval, traverse la piste dans un galop effrené (elle était grande la scène !!) et repousse tous les Polonais qui le pourchassent - je m'accroche à Vaslav et ensemble nous crions "Seigneur protège Mamoussia, Ste Mère protèe Mamoussia !" - les lumières s'éteignirent et quand la scène fut de nouveau éclairée, nous étions dans un harem. Quand je vis Zarema se faufiler jusqu'à la princesse endormie, murmurer quelques mots et lever la main armée d'un poignard, je me levais et hurlais "Elle va tuer maman !"
Après cette représentation je ne me sentais bien que quand maman était près de moi,bien vivante et Vaslav  se moquait de moi "Bronia ne peut pas aller au spectacle, elle est encore un bébé, elle ne comprend rien au ballet" !
Cet amusant témoignage des premiers contacts des enfants Nijinski avec le spectacle de danse montre aussi comment était monté le ballet à grands renforts d'éffets théâtraux.
Le costume que l'on voit est de 1950-  Alla Chalest dans le rôle de Zarema -



28/05/2008
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