Danses, dansons dansez !

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Béjart : le voyage (1962)

D'après le livre des morts thibétains sur une musique de Pierre Henry - un ballet étrange qui interpelle...
Un Homme meurt...
n'étant pas délivré de la roue de l'existence, et ne pouvant atteindre l'extinction du désir et de l'être, le nirvana, par la plongée de la conscience dans la Claire Lumière, il lui faut parcourir le monde des enfers avec ses visions apaisantes ou terribles pour finalement, au bout de ce Voyage, être happé par les portes des matrices et surgir à nouveau dans le monde de la vie entre le couple que le destin lui donne comme père et mère.
Un Homme naît...
Le Voyage retrace l'itinéraire de l'être après la mort, jusqu'à la réincarnation. Il comporte sept parties :- Souffle 1
L'ouïe est peut-être le dernier moyen de perception. Gonflées dans les oreilles du mourant, les dernières clameurs de la vie terrestre. Mille voix chuchotées, mille voitures, mille trompes marines, des déchirements de dents, de mains, la radio poussée à son paroxysme. Et un vent, un vent qui se rapproche, et qu'il reconnaît être sa respiration. Près de lui, l'écran, c'est le lama, le prêtre ou l'ami. 
- Après la mort 1
À ce moment, apparaît la Claire Lumière dont le Livre des morts tibétain dit que, si elle est reconnue, elle libère du cycle des réincarnations. Désemparé, l'être cherche à l'atteindre. Des bonds. Des bonds qui s'affaiblissent et des nuages noirs qui surgissent, qui l'aveuglent, qui lentement le plongent dans les ténèbres.
- Après la mort 2
Un demi-réveil, et il voit ses parents, ses amis, sa maison. Il se précipite, crie, supplie, et se brise sur une transparence. Autour de lui naissent des sons, des rayons. L'autre monde se manifeste. Des vibrations inconnues le frappent de terreur. Des formes inquiétantes semblent vouloir le dévorer. Il est frôlé par des êtres à voix aiguë. Le vent du Karma l'entraîne, le pousse vers de brusques abîmes. Des lueurs brutales lui font perdre la raison...

 - Les divinités paisibles
Pourtant le long de cette route, des dieux de lumière, des dieux de sagesse, lui sourient, attendant sa venue. Enfermé dans une terreur abjecte, l'être chemine dans une suite de mirages nés de sa seule imagination.
- Les divinités irritées
Même les terribles déesses irritées cachent derrière leurs cris effroyables un appel à la libération définitive.
- Le couple
Lorsqu'il est devenu une épave totale, lorsqu'il a refusé toutes les occasions d'échapper à la roue de la vie et de la mort, l'être est condamné à renaître. Le vent du karma le pousse vers les portes de six matrices dont chaque couleur indique un climat de vie spirituelle sur la terre. Des accouplements gigantesques surgissent. Des halètements. Une matière-désir se répand. Des êtres mâle et femelle l'entourent. Une force invincible l'attire. L'atmosphère devient hostile. Finalement, il se jette dans la matrice qui correspond à son désir de vie. Le mâle et la femelle s'accouplent. Les portes se referment.
- Souffle 2 - l''oreille perçoit à nouveau le vent aigu de la réalité. L'être retrouve une terre hostile et dure. Le souffle reprend possession des os et de la chair. La respiration s'accorde au vent démentiel. La mémoire disparaît.
La scène est divisée en deux plans : une scène supérieure qui est le plan de la vie et le plateau proprement dit qui est le royaume des morts.


05/10/2008
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