Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Un bal à la Cour du Roi

Un Bal est plus une cérémonie qu'un divertissement.
Et le Grand Bal du Roi donne le ton et l'exemple.
Le Bal comprenait deux parties, rigoureusement définies.
Dans sa première et principale partie ne dansent que les Seigneurs et Dames désignés par le Roi.
Tel eut aimé en être qui ne dansera point.
Tel devra se produire qui ne le désirait pas.
1ère partie
Princes et Princesses du sang, Ducs et Duchesses, Seigneurs et Dames de la cour sont seuls admis dans l'espace réservé à la Danse.
Chacun est assis à la place que son rang lui assigne.
Le Roi se lève, toute la Cour l'imite. Il se place à côté de l'orchestre, les danseurs se placent derrière lui en cortège.
En tête : le Roi et la Reine, ou, à défaut, la 1ère Princesse de sang. Puis les autres couples, dans un ordre qui marque la différence de naissance et autres dignités.
Après une solennelle révérence de chacun à son danseur, tous dansent le Bransle en cortège. A la fin du premier couplet le Roi et la Reine passent de la première à la dernière place. A la fin du 2e couplet c'est au tour du Dauphin et de la Dauphine. Ainsi de suite jusqu'à ce que le couple royal soit revenu en tête.
Tous dansent alors la Gavotte, dans cette même disposition en cortège et avec la même permutation des danseurs. Une révérence générale clôt cette première partie du Bal, réservée aux danses d'ensemble.
2ème partie
Ce sont les danses à deux.
Dans la jeunesse de louis XIV, c'était la Courante qui se faisait après les Bransles. On disait que Louis XIV la dansait mieux que personne de sa cour.
A la fin du règne de Louis XIV, c'est le Menuet qui se dansait après les Bransles.
Le Roi et la Reine, et eux seuls, exécutent la première danse à deux. Pendant que le roi danse, l'assistance est debout. La danse finie, le roi va s'asseoir, et toute la Cour en fait autant.
Le prince désigné pour la deuxième danse vient trouver la Reine demeurée à l'endroit de la salle où l'on débute les danses. Ils se font une profonde révérence, dansent ensemble et se saluent de nouveau avant de se séparer. La Reine regagne seule sa place, car on ne reconduit pas au bal du Roi.
Puis le Prince que la Reine a quitté danse avec la première Princesse de sang qui est désignée pour danser avec lui, cette Princesse que le Roi a lui-même désignée. Ils dansent, se font une révérence et le Prince regagne sa place.
Par la suite la Princesse conviera à son tour son cavalier, désigné lui aussi par le Roi, qui conviera à son tour une autre dame, et ainsi de suite jusqu'à la fin. Chacun danse donc deux danses successives, avec deux partenaires différents. Il n'y a jamais qu'un couple en mouvement à la fois.
L'ordre suivant lequel se succèdent les couples, commandé par la hiérarchie des rangs, est réglé avant le bal par le Roi lui-même et avec un soin extrême. Les bals des particuliers prennent en général modèle sur le Bal du roi.
L'ordre est moins strict dans les bals masqués. Mais la façon d'inviter et le répertoire sont en général ceux des bals. Il n'y a toujours qu'un couple qui danse et la foule les regarde. La danse ainsi conçue est rite social et représentation autant que divertissement. Le Grand Bal du Roi regroupe une société dont le Roi lui-même a ordonné la composition.
On voit dans le Bransle et la Gavotte la société dans son ensemble, mais selon un dispositif collectif et hiérarchisé. Ce n'est plus comme dans le Bransle de la Renaissance une danse de pairs, d'égaux. L'importance des personnes décroît progressivement de la tête à la queue du cortège. Les danses par couple expriment une réalité sociale. Le couple danse, mais il est en représentation. La succession des danses à deux, avec le couple royal qui commence jusqu'au moins élevé dans la hiérarchie, manifeste aussi la continuité en même temps que la différence des rangs.
Le Bal à Versailles est à l'image de la société que le Roi




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