Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Maurice Béjart - carnet Intime

Naissance : le 1er janvier 1927 à Marseille (capricorne)
Famille : à la mort de sa mère, Maurice a tout juste 7 ans, son père le philosophe Gaston Berger va être très attentif - "c'était un personnage fascinant, il savait tout faire" dit Maurice
Ce qu'on ne lui fera jamais manger : "je ne suis pas gastronome, faire un détour pour aller dîner dans un des quatre-étoiles, je n'en vois pas l'intérêt - mais en voyage je m'adapte à tout - au Japon j'ai mangé du poisson cru avant que ça ne devienne à la mode et des insectes grillés en Afrique"
L'endroit où il a le mieux dormi : "j'ai un très mauvais sommeil, alors c'est un peu compliqué partout. En revanche, l'endroit à peu d'importance. Il y a quelques années je pouvais dormir par terre sans aucun problème".
A propos d'humour, la danse en manque un peu non ? : il m'est arrivé de rire aux larmes en regardant un ballet de l'Américain Jerome Robbins, et moi-même, j'ai fait quelques chorégraphies rigolotes, mais en règle générale, on se prend tous un peu trop au sérieux.
Les femmes et les hommes vous inspirent-ils de la même façon ? "pas du tout ! j'ai constaté que je n'avais aucun mal à trouver des idées pour des groupes de garçons alors que les ensembles de filles me barbent prodigieusement. En fait, sur le plan professionnel, les femmes m'intéressent qu'individuellement. Et dans ma vie privée, c'est un peu pareil, j'aodre l'idée de dîner en tête à tête avec une adorable personne mais si j'apprends qu'elles sont plus de 5, je pars en courant !"
Vous affirmez que sur 200 ballets, 150 sont bons pour la poubelle . Vous le pensez toujours ? Bien sûr ! certains sont totalement ratés parce qu'il m'est arrivé de m'ennuyer en cours de route et ça se sent. Parfois, comme disait ma grand-mère, j'ai voulu péter plus haut que je n'avais le derrière et au final, c'est ridicule ou carrément prétentieux. Mais avec un grand interprète, je n'ai jamais loupé une chorégraphie.
Alors quel danseur vous a le plus époustouflé ?
Jean Babilée ! Mikhail Barichnikov  qui l'a vu sur scène dans une des mes crétions à New York, s'est agenouillé dans sa loge pour lui baiser les mains ! Il n'avait jamais rien vu d'aussi beau !
Il arrive qu'un réalisateur se trompe en choisissant son actrice principale - cela vous est déjà arrivé ?
C'est impossible ! la danse c'est comme l'amour, ça se fait à deux ! en réglant mes pas sur ceux d'un danseur particulier, le résultat est forcément unique ! on ne peut ni comparer ni avoir de regrets et c'est là toute la beauté de l'histoire.
Est-ce que les danseurs ont des corps qui vieillissent bien ?
Comme tous les grands sportifs, on peut voir de beaux restes. En général, on se tient droit et nos muscles sont plus toniques. Le problème vient des chevilles, des genoux et des hanches qui à force d'être sollicités, s'usent beaucoup plus vite.
Vous avez des amis chorégraphes ?
Quelques uns oui. Ceux qui avaient mon âge (là, il venait de fêter ses 79 ans !!) sont presque tous morts, mais avec mes camarades de la génération d'après, j'ai des relations très chaleureuses.
Lausanne, où vous avez installé votre compagnie, est un bon endroit pour créer ?
La ville où je me pose importe peu. Mon énergie est dans le studio de répétitions et dans le corps des danseurs. J'ai fait cinquante fois le tour du monde et tant que je transporte l'idée de la danse, je suis chez moi partout ! Un jour quelqu'un a dit "Béjart, c'est un français du monde" - c'est une bonne définition.
De quoi êtes-vous le plus fier ?
D'avoir été le premier à sortir la danse des Opéras et à monter mes spectacles dans des salles de plus en plus grandes et totalement inhabituelles, comme le Palais des Sports. On m'avait assuré que je courrais à la catastrophe et pourtant, le public a suivi. J'ai aussi dépoussiéré l'univers de la danse en montrant des corps plus musclés et moins asexués. Et puis,  j'ai toujours su m'éloigner des règles académiques et choisir des jeunes-gens qui avaient des défauts attachants.
Vous avez l'impression aujourd'hui qu'on vous regarde comme un monument, ça vous agace ?
Oui, parce que c'est disproportionné et morbide ! Trop de respect vous éloigne du monde des vivants et Dieu merci, je n'ai pas encore cassé ma pipe ! Alors, pour éviter ce genre de situations qui me mettent mal à l'aise et m'intimident, en dehors des intimes, que je vois régulièrement, je ne sors pratiquement jamais.

 


 

 



19/10/2008
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