Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Béjart : variation pour une porte et un soupir (1965)

Il fallait que je parle de ce ballet, que je n'ais jamais vu d'ailleurs, mais j'avais acheté le disque... pour écouter cette "musique étrange" de Pierre Henry.... ça laisse rêveur !!
Comment se présente cette musique ? Morphologiquement, il s’agit d’une succession de variations musicales dans le style des grandes Suites Françaises du XVlle ou du XVllle siècle : Variations s’inspirent presque toujours d’un mouvement chorégraphique, d’une figure corporelle... la gigue, allemande, courante, menuet....
Ici étirement, balancement, gymnastique, transe...
Spirituellement, c’est une œuvre cyclique qui se referme sur elle-même ,éclosion, développement, épanouissement, destruction, évoquant le rythme d’une journée, d’une vie. " Sept danseurs entrent en scène pour créer un ballet où le chorégraphe n’a pas sa place ". Sept danseurs vont improviser librement sur la musique de Pierre Henry.
Sur un tableau noir, un schéma propose une structure établie pour des danseurs imaginaires numérotés de 1 à 7. Le public sait d’avance que la deuxième variation sera un solo de 1, que gymnastique aura quatre interprètes, que le pas de deux sera exécuté par le 6 et le 7 pendant que le 3 regarde et que les autres sont de dos, etc. À l’intérieur même des variations, la liberté de l’improvisation et de nombreuses obligations s’entrecroisent. Tel numéro doit danser en donnant la main à tel autre, tel parcours est obligatoire, telle pose fixée, etc.
C’est sur la scène, devant le public, que les danseurs tirent au sort leur numéro, renouvelant ainsi chaque soir le rituel cyclique de la vie avec son parcours aléatoire où l’humain et l’angoisse s'enroulent dans les multiples, étapes d’un théâtre absurde.
Variations pour une porte et un soupir a été composé en hommage à l’ensemble de l’œuvre picturale d’Arman : "Allures", "Poubelles", "Accumulations", "Colères", "Coupes".
C’est un retour à des sources brutes ayant un pouvoir de communication immédiate. Cette œuvre est une analyse objective des gestes les plus simples de l’expressivité humaine. L’allure, l’agglomération, la brisure d’un grincement de porte transcendent le lieu-commun d’un objet-musique : la porte. Soupirs soufflés, soupirs chantés explorent le sensible de l’activité mentale ou corporelle d’un être humain au cours d’une journée ou d’une vie entière.
Successivement 16 variations :
Sommeil – Balancement – Chant l – Éveil – Chant II – Etirement – Geste – Comptine – Fièvre – Chant III – Gymnastique – Braiements – Respirations – Ronflements – Chant IV – Mort.


05/10/2008
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