Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Réflexions sur la danse Butô

Dans la danse butô développée par Sankai Juku, le mouvement est l'expression de l'harmonie, de la lumière, de la plénitude.
 
On ne danse pas ici pour dire quelque chose mais pour exister et survivre dans un effort violent et continu, qui seul est capable de passer du désespoir à la joie. Danse tellurique où l'homme éprouve à travers des métamorphoses suggérées les liens fraternels qui l'unissent aux éléments, à la planète, à l'animal. Danse d'avant les légendes, de la scène primitive, essentielle et sophistiquée, qui cristallise des éclats d'influence multiples, où l'on reconnaît l'expressionnisme. Danse qui semble illustrer la parole d'Artaud selon laquelle "c'est par la peau qu'il faut faire entrer la métaphysique".
Vous vous demandez aussi peut-être pourquoi ces corps presque nus, peints en blanc : pour se débarrasser l'âme de ses costumes éphémères et mensongers. Son feu intérieur traversera plus aisément cette peau décolorée, désensualisée et dépersonnalisée que le tissu des vêtements. S'il se rase le crâne c'est qu'il, comme beaucoup de Japonais, visité le musée d'Hiroshima et conservé le souvenir des mannequins représentant les rescapés de la première bombe atomique. En somme la violence du Butô est le produit du refus des traditions, joint au traumatisme de l'atome. Sans règle, ni loi, cette danse s'est inventée et a pris la douleur pour aliment.
Curieusement c'est l'Occident qui le premier consacré cet art nouveau. Alors que le Japon persistait à le mépriser, le butô a remporté un formidable succès en Europe.
Cette danse nous fait découvrir un nouveau Japon, grand, fort, violent, qui n'hésite pas à affirmer que la vie naît de la mort et qu'il faut savoir se détruire si l'on veut renaître.



13/11/2008
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