Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Martha Graham

Martha Graham est née le 11 mai 1894 dans le Comté d'Allegheny (Pennsylvanie, États-Unis) et décédée le 1er avril 1991 (New York). Danseuse et chorégraphe américaine, elle est reconnue comme l'une des plus grandes innovatrices de la danse moderne.

Martha Graham commence à s'intéresser à la danse très jeune, après avoir vu danser Ruth Saint Denis dans les années 1910. Ce n'est qu'à l'âge de 22 ans, en 1916, qu'elle envisage une carrière professionnelle en entrant à la Denishaw School.-  elle confirme le même intérêt que Ted Shawn pour les danses "nationales" -"connais ton pays" dit-elle.
De cette affirmation de son identité naîtront des ballets comme "American provincials" et surtout "Apalachian Spring" en 1944 -¨Par contre Martha rejette l'exotisme kitsch de Ruth Saint-Denis. Ce qu'elle emprunte à la danse orientale, c'est la technique : positions acroupies ou agenouillées et non plus ce qui l'avait fasciné étant adolescente, les chromos orientalisants de "The cobras, Yogi, Radha, Egypta" qu'elle avait dansés. "Ruth a ouvert pour moi une porte.. et je l'ai franchie" dit-elle - affranchie serait plus exact.
Plus question d'étonner, de séduire, de dépayser ou de divertir, sa danse devient sévère : robes sombres qui ne laissent voir que le visage, les mains et les pieds nus. Vêtue de blanc ou de noir, le visage fermé, Martha incarne des rôles d'héroïnes : Clytemnestre, Ariane, Jeanne d'Arc... Elle fait usage de musiques "contemporaines" : Debussy, Prokoviev, Ravel, Satie, Honegger, Scriabine... En 1930, son solo "Lamentation" que l'on peut tenir comme la pierre angulaire de la modern dance, est réglé par une pièce de piano de Zoltan Kodaly. Tête et bras enveloppés dans un tissu élastique, elle danse, assise, la détresse d'une femme éperdue.

Exclusivement féminine aux débuts, la compagnie s'ouvre aux hommes en 1938. El penitente est dansé par hommes et femmes.
Eric Hawkins, qu'elle épousera, Merce Cunningham, Bertram Ross, Suart Nobles, Paul Taylor compteront parmi ses partenaires de prédilection.

Les ballets s'enchaînent.. et la quête de spiritualité s'affirme dans : "Primitive mysteries, 1931, Frenetic Rythms 1933, et surtout El Penitente" 1940 qui reste le grand ballet souvent mis à l'affiche de la compagnie Graham et autres.
Dans les années 40, le tragique de l'existence humaine lui inspire tout un cycle "grec" : "Night journey" en 1947 ou Jocaste revit son destin et "Errand into the maze" 1947 qui est un vagabondage dans le labyrinthe du coeur.
Fascinée par la psychanalys jungienne, Martha Graham explore choregraphiquement ce qu'elle appelle "les sombres prairies de l'âme".
Interprète exceptionnelle, elle enlumine la plupart de ses créations, campant des figures dominatrices, voire castratrices. Ce n'est qu'au terme de 53 années de carrière que, couverte d'honneurs, elle quitte la scène , en revanche elle continera à chorégraphier jusqu'à 90 ans passés !!


Martha renouvelle le costume de scène : si elle couvre les corps de ses danseuse, elle dénude ceux des danseurs qu'elle veut athlétiques.
Concentrant l'énergie dans la colonne vertébrale qu'elle tient pour "l'arbre de vie", Martha fait partir le mouvement du centre du corps.. le plexus solaire. Elle voue une extrême attention à la respiraton, au point d'en adopter la bipolarité inspiration/expiration sous la forme de "contraction" et "release of tension". Le mouvement grahamine paraît continu, il intègre la chute.. en douceur, en spirale, en arrière, ainsi que des récupérations (recoveries) à terre.
D'ailleurs on ne travaille pas à la barre comme dans la danse classique mais on utilise un travail au sol (prémices des barres à terre).



12/05/2008
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