Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Isadora Duncan -liberté des mouvements

Quand Isadora jette ses chaussons aux orties pour danser nu-pieds, elle dit non à tout un mode de pensées. Les quelques cours de ballet qu'elle prend à San Francisco ne répondent pas à son attente, elle rejette cet académisme.

Elle, qui au sein de sa famille d'origine irlandaise,(née le 26 mai 1877) très ouverte aux arts, s'essayait à des danses instinctives, rejette la vision de la ballerine en tutu qu'elle trouve anti-naturelle. Ce n'est pas le fait de monter sur les pointes qui la motive mais de danser avec tout son corps. Le rythme des vagues, le frémissement des feuilles des arbres lui suggère les mouvements des bras, des mains, des doigts. La quête d'Isadore est celle d'une "danse d'expression divine de l'esprit humain". Elle ne veut pas de décor, un rideau de fond lui suffit et en guise de costume une tunique grecque courte qui dévoile ses jambes et ses cuisses dans la danse. Elle fait sensation au sein des cercles huppés où elle est invitée (sans être payée bien souvent). Elle finit par aller réclamer de l'argent et en reçoit assez pour s'embarquer avec toute sa famille pour l'Europe. D'abord à Londres, puis à Paris, en deux ans, elle obtint succès et notoriété .

L'effervescence de la vie de bohème de Montparnasse ne lui convenait pas. En 1909, elle déménagea dans deux grands appartements 5 rue de Danton où le rez-de-chaussée lui servait d'appartement tandis que le premier étage faisait office d'école de danse. Pieds nus, vêtue d'écharpes clinquantes et de fausses tuniques grecques, elle créa un style primitif basé sur l'improvisation chorégraphique pour aller à l'encontre des styles rigides de l'époque. Elle était particulièrement inspirée par la mythologie grecque. Elle rejetait les pas de ballet traditionnels pour mettre en valeur l'improvisation, l'émotion et la forme humaine. Isadora pensait que le ballet classique, avec ses règles strictes et ses codifications, était « laid et contre nature ». Un nombre très important de personnes se rallièrent à sa philosophie, ce qui lui permit d'ouvrir une école et d'y enseigner.

En 1922, afin de montrer son adhésion à l'expérience sociale et politique de la nouvelle Union soviétique, elle décida de s'installer à Moscou. Son personnage sortait totalement du cadre de plus en plus austère imposé par le nouveau régime des Soviets après la révolution, mais sa notoriété internationale apporta une attention plus que bienvenue sur le ferment culturel et artistique du nouveau régime. L'incapacité du gouvernement russe à soutenir ses propositions extravagantes combiné aux conditions de vie difficiles du pays, l'amenèrent à retourner à l'Ouest en 1924. Pédagogue extrêmement douée bien que totalement non conventionnelle, elle fut la fondatrice de trois écoles entièrement dédiées à la transmission de sa philosophie à des groupes de jeunes filles (sa tentative d'y inclure des garçons se révéla un véritable échec). La première à Grunewald, en Allemagne, donna naissance à son groupe le plus célèbre d'élèves : les Isadorables, qui prirent son nom et dansèrent avec elle, mais aussi de façon tout à fait indépendante. La deuxième école eut une courte existence avant la Première Guerre mondiale, dans un château situé en dehors de Paris ; quant à la troisième école, elle fit partie des tumultueuses expériences menées par Isadora à Moscou sous le joug de la Révolution russe.

Elle devint si connue qu'elle inspira de nombreux artistes et auteurs dans leurs créations de sculptures, bijoux, poésies, romans, photographies, aquarelles et peintures.
Sa vie privée, tout comme sa vie professionnelle, faisait fi de tous les mœurs et règles de la moralité traditionnelles. Elle épousa un poète russe plus jeune de 18 ans, Sergueï Essenine, en 1922. Essenine l'accompagna lors d'une tournée en Europe mais ses tendances alcooliques et les accès de rage qui s'en suivaient l'amenant régulièrement à détruire des meubles, enfoncer des portes et des fenêtres dans leurs chambres d'hôtel, engendrèrent une publicité tapageuse autour du couple. L'année suivante il quitta Isadora et retourna à Moscou où il fut rapidement victime d'une dépression nerveuse et placé dans une institution spécialisée. Une fois sorti de l'hôpital, il est admis qu'il se suicida le 28 décembre 1925 à l'âge de 30 ans. Les circonstances de sa mort ne sont pourtant pas claires et le doute persiste entre meurtre et suicide.  Isadora eut deux enfants, tous deux hors mariage : Deirdre, née le 24 septembre 1906, avec le décorateur de théâtre Gordon Craig, et Patrick, né le 1er mai 1910, avec Paris Singer, l'un des nombreux enfants du fabricant de machines à coudre Isaac Singer. La vie privée d'Isadora Duncan était source de nombreux scandales, spécialement après la noyade de Deirdre et Patrick dans un accident sur la Seine le 19 avril 1913. Les enfants se trouvaient dans la voiture avec leur nourrice pour une journée d'excursion pendant qu'Isadora était restée à la maison. La voiture fit un écart pour éviter une collision. Le chauffeur sortit de la voiture pour réparer le moteur mais avait oublié de mettre le frein à main ; dès qu'il démarra la voiture, celle-ci traversa le boulevard Bourdon et dévala le bord de rivière pour finir dans l'eau. Les enfants et la nourrice moururent noyés.
Après l'accident, Isadora passa plusieurs mois à Corfou en convalescence avec son frère et sa sœur. Puis elle passa plusieurs semaines dans un complexe au bord de la mer à Viareggio, en compagnie de l'actrice Eleonora Duse.

En 1927, Isadora a un accident de voiture à Nice, son long foulard s'enroule dans la roue de sa décapotable et elle meurt étranglée.



10/05/2008
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