Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Jean Babilée, l'éternel Jeune Homme

Jean Babilée (de son vrai nom Jean Gutman) est un danseur et chorégraphe français né à Paris le 2 février 1923

Un drôle de bonhomme qui danse jusqu'à 70 ans, qui ne veut pas vraiment enseigner dans une compagnie parce qu'il se sent mieux tout seul (j'ai trop à faire avec moi même pour penser à transmettre) ; undrôle de petit garçon dont la maman disait "mais qu'est-ce qu'il a cet enfant, il ne tient pas en place,il saute partout, il grimpe dans les arbres..." et lui même avoue "quand j'étais enfant, j'inventais des modes de transport différents : je passais des journées entières sans toucher le sol, c'était la règle - j'avais un trapèze dans ma chambre, pour  aller dans la salle de bains, je commençais par monter sur l'armoire, puis de l'armoire sur une chaise et ainsi de suite.... j'étais heureux ! C'est tout simple le corps, c'est un terrain d'expérience unique, qui ne demande qu'à apprendre. Quand je ne dansais pas pour entretenir mon corpps, je sculptais, les deux sont complémentaires : l'architecture du corps obéit aux lois de la pesanteur et la sculpture à celle de l'aplomb."
On comprend pourquoi Jean Cocteau lui avait offert le ballet "Le jeune homme et la Mort" dans lequel il réalise des prouesses d'équilibre sur une table, une chaise...

A 61 ans on a demandé à Jean Babilée de redanser le "Jeune homme et la Mort"..
- "J'ai hésité une semaine et j'ai accepté - J'ai eu 5 mois pour le faire, il a fallu que dans ce délai je récupère l'endurance, la force, la pulsion, la technique de ce "jeune homme". Ca a été un travail mécanique sur mon corps, car j'ai voulu coller au titre et je me suis "fait jeune homme", comme si je réalisais une sculpture de l'intérieur.
J'ai travaillé seul chez moi. Les deux dernières semaines je suis allé voir un professeur car je n'étais plus habitué aux grands espaces, je devais réapprendre la scène, de reprendre possession de ce lieu.

Ce temps a été pour moi comme des souvenirs de jeunesse. C'était tout aussi passionnant, vous savez la danse ne n'ai jamais considéré ça comme un métier,même si c'est totalement le mien. C'est avant tout un plaisir, jamais une obligation,parce que ça doit complètement "coller à la peau" ou alors ça n'est pas.
Je pars du principe qu'il faut être en forme quand on en a besoin. Une forme permanente n'a pas de raison d'être, on peut même être fatigué. Je crois que le corps, lui aussi, a ses périodes de pointe et de repos. C'est un grand luxe de savoir s'en servir, de sentir ce qui lui convient. Pour moi, c'est même le premier luxe dans la vie d'un homme.
Utiliser son corps suppose une certaine aptitude mentale. Le corps n'est pas occidental, en Occident c'est plutôt le cerveau qui doit fonctionner, être actif. Quant au corps on trouve normal de le voir se délabrer... dommage qu'on ne puisse pas concilier les deux.
Je trouve ce message très beau - et j'ai vu une émission sur Jean Babilée, il continue à faire ses "escalades" chez lui,une sorte de stretching sur ses meubles.. partout... éternel jeune-homme qui ne sait pas vieillir !

 



14/05/2008
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