Danses, dansons dansez !

Danses, dansons dansez !

Béjart : le plus grand ?

Béjart le danseur :

Il faut bien commencer par le commencement : Béjart, né en 1927 à Marseilles, était à ses débuts un danseur classique - il danse avec Jeanine Charrat et Roland Petit, et surtout à Londres au sein de l'International Ballet - Une tournée en Suède, en 1949, lui fait découvrir les ressources de l'expressionisme chorégraphique et un contrat pour un film suédois, le confronte avec Stravinski.
C'est pourtant sur des pièces de Chopin que, de retour à Paris, Béjart se fait la main. Puis, il se double du talent de chorégraphe et sort des sentiers battus avec le ballet "Symphonie pour un homme seul" sur des musiques de P. Henry et  P. Schaeffer. Déjà, son propre langage interpelle...

Béjart de A à Z

AMOUR - "La chorégraphie se fait à deux comme l'amour" - cette formule de Béjart a souvent couru dans la presse, ce n'était qu'une façon d'affirmer que le chorégraphe ne serait rien sans le danseur, cette argile vivante.
Berger ou Béjart ? voir à  Gaston.    
Capricorne : parce que c'est le signe de naissance de Béjart, 1er janvier 1927 -
Donn : On a vu en Jorge Donn l'interprète idéal des oeuvres de Béjart - il est le créateur de la plupart. Argentin, il découvre le ballet du XXe siècle à 16 ans, fait le voyage tout seul, sans visa, sans contrat avec simplement sa conviction et son enthousiasme et ... 20 ans de fidélité à un répertoire et à une troupe dont il est devenu co-directeur artistique.
Filiations : multiples, parce que Béjart est curieux de toutes les cultures, les idées et les formes d'art. Les Grecs, la musique concrète, Molière et Nietzche, Baudelaire, Wagner, Artaud, les poètes iraniens, les dieux de l'hindouisme, la lente solennité du théâtre japonais, Mishima, le soufisme et ses jardins de roses, la Vienne décadente du début du XXe siècle et encore ???
Gaston Berger : le père de Maurice ! très tôt le jeune Maurice hérite de sa passion pour les sortilèges du théâtre et son penchant philosophique. Et en entrant à l'opéra, Berger devint Béjart !
Humour : on voit souvent Béjart, concentré, réfléchi, grave, mais pourtant il ne manque pas d'humour, certains de ses ballets le prouvent.
Iconoclaste ? on l'a souvent accusé de manquer de respect envers les oeuvres impérissables telles que la Veuve Joyeuse, Cass-Noisette etc. qu'il a revu à sa façon.
Journal : Un journal pour chaque ballet ou presque, de là à dire que Béjart est un écrivain qui aurait choisi d'écrire à travers la chorégraphie...
Krishna : c'est l'incarnation de Vishnou - pendant sa période "safran" Béjart l'a fait descendre sur la scène avec d'autres divinités du panthéisme hindou - dans Bakhti" où Jorge Donn le campait avec grâce, flûte aux lèvres, entouré des bergères que sa musique charmait.
Littérature : Maurice avait puisé dans la bibliothèque paternelle, premier vivier. Ensuite, les livres lus et relus, qui ont été la source d'inspiration.
Marseille : sa ville natale - Pour la petite histoire, Marius Petitpa y a aussi vu le jour !
Nô : Un théâtre dépouillé qui n'a pas manqué d'interpeller Béjart.
Opéra : Très jeune, au paradis de l'opéra de Marseille, le jeune Béjart (enfin Berger) écoutait les opéras, les opérettes, là-bas tout en haut au poulailler, là où c'est encore plus beau comme disait Baudelaire. Cette passion pour le chant a donné par la suite la création de mises en scène lyriques pour "les contes d'Hoffmann", "La damnation de Faust", "La Veuve Joyeuse", "La traviata", "Salomé" et "Don Giovanni".
Pluridisciplinaire : La meilleure façon de s'exprimer au sein de l'école de danse de Béjart : chanter, danser, déclamer...
Querelles : Elles ont été nombreuses, passionnées et ne sont pas prêtes de s'éteindre autour d'un chorégraphe qui manie le paradoxe, les contrastes et les contradictions. Alors, Béjart, homme de tradition ou lanceur de pavés dans la mare ? Béjart répond lui-même : "je ne me sens pas du tout un créateur artistique parce qu'au fond l'art ne m'intéresse pas. J'en fais bien sur, malgré tout, mais je n'ai pas d'esthétique.. il faut prendre son bien là où il se trouve : l'école académique d'une part, la décontraction, l'improvisation de la danse, éventuellement une souplesse orientale, et l'élan instinctif du folklore"
Ronde : une figure à l'origine même de la danse. chaîne fraternelle des rondes et des farandoles ; si tous les danseurs du monde... Béjart, reprend souvent cette image dans ses ballets : cercles d'hommes agrippés par les épaules dans "le sacre du printemps", immense farandole de la "IXe symphonie", chaîne des partisans dans "l'Oiseau de feu".
Sacre : le sacre de Béjart va de pair avec celui du printemps, mis en musique par Straivnski. Ce sera le point de départ d'une carrière haute de gamme.
Théâtre : Béjart a un immense mérite de ne pas avoir cantonné  la danse mais de l'avoir ouvert aux places de Venise, aux temples de Balbeck, aux maisons de la Culture, aux Palais des Sports, aux cirques etc.
Universalité : s'il refuse volontier la permanence de son oeuvre, Béjart vise plus volontiers l'universalité des thèmes qu'il choisit.
Vingtième siècle : Béjart l'a souvent affirmé : la danse est l'art du XXe siècle - au point qu'il a donné ce nom à sa troupe de ballet.
Wien : Vienne, la capitale de l'Autriche "Wien, Wien du nur allein" a clamé Maurice dans son ballet qui évoquait la splendeur et la décadence de cette patrie des Habsourgs.
Xenakis : architecte et compositeur, Yannis Xenakis est l'un des nombreux musiciens contemporains qui, de Pierre Henry à Karlheinz Stockhausen, ont inspiré Béjart. Dans le ballet "Nomos Alpha", étonnant rapprochement entre le violoncelliste tourmentant son instrument et le danseur torturant son corps sous l'oeil indiscret d'un projecteur qui finira par descendre, l'écraser et le réduire.
Yeux : les yeux si bleus de Maurice, l'intensité de son regard.. rien ne lui échappe, il voit tout, pas un détail qui ne soit aperçu par son regard perçant.. ce n'est pas un regard, c'est un scalpel.
Zarathoustra : personnage fabuleux de Nietszche - "je ne pourrais croire qu'à un Dieu qui saurait danser". Est-ce étonnant alors que Béjart ait signé un "Dionysos" ?



05/10/2008
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