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Catégorie Neo-classic modern dance

Merce Cunningham - la révolution Cunningham

Merce Cunningham (de son vrai nom Mercier Philip Cunningham) est un danseur et chorégraphe né le 16 avril 1919 à Centralia dans l'État de Washington aux États-Unis,

Danseur dans la compagnie de Martha Graham, il commence à chorégraphier dans les années 1940 et rejoint le Black Mountain College, où il participe aux expérimentations qui préfigurent le happening. Il fonde sa compagnie en 1953.
C'est en rupture avec Martha Graham que s'inscrit Merce Cunningham au tournant des années 50. Jusqu'ici, le spectacle restait codifié : perspective frontale, argument ou thème, décors, costumes, coordination avec une musique prédéfinie.
Sous l'influence d'un compositeur, John Cage, Merce Cunnignham remet en question tout ce concept de danse théâtrale. Place désormais à l'abstraction, le mouvement étant porteur de son propre sens. Finie la symétrie, aucun point dans l'espace n'est prédominent. "Le monde est autour de nous, pas seulement devant nous explique-t-il, dans la rue nous devons constamment changer la direction de notre regard, c'est pareil pour la danse".
Nul besoin de raconter une histoire ou d'exprimer un sentiment, un élément physique suffit. Dans "Torse" 1976, il associe aux mouvements du tronc, un travail des jambes, exécuté à plusieurs vitesses, dans toutes sortes de directions, selon une multitude de phrasés. Il puise dans le ballet classique les exercices : tours, dégagés, jetés et il les détourne.w
Plus besoin de suivre une musique : dès 1952, date d'une  expérience menée autour de "Symphonie pour un homme seul" de Pierre Schoeffer et Pierre Henry, les danseurs ne s'attendent plus à une synchronisation quelconque de leurs gestes avec les sons.

Dans un tel processus, la danse se détache de la narration, de l’affectif ; la perception de l’espace est renouvelée en profondeur : la perspective est abolie, tous les points de la scène ont la même valeur, tous les danseurs sont « solistes ». Le corps apparaît comme porteur d’une musicalité propre, indépendante de celle du son, et susceptible d’être traversé par des coordinations nouvelles, qui repoussent les limites du possible. 


Posté le 12/05/2008 | 5 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

les petites phrases de Merce Cunningham -

Voici quelques phrases de Merce, tirées d'interview :

« Le monde est autour de nous, pas seulement devant. Chaque personne est un centre, cela crée une situation libre où tout change perpétuellement. »

"Je compare les idées sur la danse et la danse elle-même à de l'eau... Tout le monde sait ce qu'est l'eau et ce qu'est la danse, mais cette fluidité les rend cependant insaisissables".
"Je pense à la danse comme à une constante transformation de la vie elle-même".
"La musique et la danse sont deux arts" du temps" et c'est pratiquement leur seul lien. S'ils peuvent prendre place dans le même temps, cela ne veut pas dire qu'ils doivent nécessairement prendre place au même moment"...
"Mon souhait est que les danseurs se développent en devenant très solides techniquement, mais mentalement ouverts "élastiques" en quelque sorte, de façon qu'ils puissent rebondir sur quelque idée que ce soit plutôt que d'avoir des idées fixes"...
Sur la photo, Merce à vélo (!) et ses danseuses dans Variation V


Posté le 12/05/2008 | 4 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

La révolution Cunningham continue -

La révolution Cunningham atteint également les costumes qui se réduisent parfois à de simples tenues de répétition.. d'où le collant avec des trous !!!
L'ordonnance du spectacle est aussi modifiée : plus de cérémonial, rien n'empêche les danseurs d'entrer en scène ou d'en sortir en marchant.
Convaincu que la danse existe par elle-même, Cunnignham en vient à dissocier le mouvement de la musique. Il se borne à convenir de la durée de cette musique avec le compositeur (John Cage, David Tudor). A ce dernier de faire en sorte qu'elle soit prête pour la répétition finale !!

Je conçois mal danser sans musique, car pour moi (de la vieille école classique ou une répétitrice au piano, jouait et rejouait les phrases musicales) ce sont les notes, les tempo (tempi plutôt) et tout le phrasé musical qui me porte.. Je me souviens d'avoir composer des chorégraphies juste à l'écoute d'une musique.. Alors, là le travail de Cunningham ça m'épate !!!


Posté le 12/05/2008 | 5 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Paul Taylor - un bûcheron mais la grâce !

Paul Belleville Taylor est un danseur et chorégraphe américain né à Wilkinsburg (Comté d'Allegheny, Pennsylvanie) le 29 juillet 1930.

Il suit des cours de peinture à l'Université de Syracuse et poursuit à la Juilliard School en musique et en danse, puis avec Martha Graham, Doris Humphrey, José Limón et Charles Weidman. Il travaille dans les compagnies de Merce Cunningham, George Balanchine et Martha Graham, pour laquelle il crée plusieurs rôles importants.

Il crée sa propre compagnie en 1954 et présente d'abord des œuvres formalistes et abstraites, dans la mouvance postmoderne, en collaboration avec John Cage.

La danse de Paul Taylor est à son image : puissante, joviale et pourtant subtile comme un bûcheron canadien,auquel il ressemble, qui aurait pris les finesses du genre classique.
C'est ancien danseur de la compagnie Martha Graham où il entre en 1955 et où il restera jusqu'en 1961, dansant de les rôles d'Hercule (création) dans "Alceste", celui de Thésée dans "Phèdre". Balanchine lui compose aussi un rôle dans "Episodes", ballet co-signé avec Martha Graham. Il côtoie tous les grands danseurs et chorégraphes et danse avec tous les grands noms de la modern dance (Cunningham, Anna Sokolov, Doris Humphrey et Charles Weidmann, Jerome Robbins). Il y interprète les grandes pièces de Martha Graham comme "diversion of angels" 1955 "Night Journey" et surtout la plus étonnante expérience avec "Episodes" 1959 qui devient une pièce quasiment mythique.
 Il créé sa compagnie en 1954 - "Duet" en 1957 est une chorégraphie immobile sur 4'33" (silencieux) de John Cage. Il appartient alors à ce qu'on nomme la danse néo-dada (dadaisme ??) mais cela cadre mal avec Paul Taylor qui aime les développements harmonieusement géométriques comme dans "Auréoles" 1962 où il associe mouvements d'ensemble enthousiasmants et humour.
On retient souvent de Paul Taylor les gags intarissables de "Peace Period" ou de "Sports and folies" mais aussi le rayonnement apollinien dans "Esplanade" ou "Auréole", l'angoisse latente de "Churchyard" ou "Dust".. trois facettes d'un talentueux chorégraphe qui ne cesse de surprendre.
Ce grand gars au corps taillé dans le granit a pourtant tracé les lignes évanescentes, aériennes du ballet Auréole, cet être timide et réservé, au visage demeuré innocent, qui a jeté sur scène sa fantaisie assassine : sa version très personnelle du "Sacre du printemps" par exemple. Ce géant que l'on verrait empoigner l'existence sans réserve, mais qui s'isole dans sa retraite de silence au fond d'un petit jardin provincial et qui répugne à suivre au loin sa compagnie lors des tournées. "Je déteste voyager, la compagnie est comme  une machine, elle tourne seule, les danseurs sont très disciplinés, les chorégraphies demeurent dans de bonnes mains".
Un homme que sa carrière devait nécessairement projeter dans la vie impétueuse des théatres, qui se trouvant plus à l'aise dans la réflexion et la sérénité a eu la constance de ne pas sacrifier à une vaine agitation, de suivre les exigences de sa nature profonde.


Posté le 12/05/2008 | 3 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

George Balanchine ou Mister B -

George Balanchine (de son vrai nom Georgi Melitonovitch Balanchivadze ;  est un danseur et chorégraphe russe d'origine géorgienne né à Saint-Pétersbourg le 22 janvier 1904 et mort à New York le 30 avril 1983( de la maladie de Creutzfeldt-Jakob !)

Il entre par hasard à l'École impériale de Ballet de Saint-Pétersbourg, à l'âge de 9 ans, puis étudie le piano pendant trois ans au Conservatoire de musique, tout en continuant la danse. Dès 1920, il réalise ses premiers essais chorégraphiques. En 1924, au cours d'une tournée de danseurs de l'État soviétique en Allemagne, il quitte son pays et est engagé dans la troupe des Ballets russes de Serge de Diaghilev. Promu maître de ballet en 1925, il entame une étroite collaboration avec Igor Stravinski, avec qui il créera plus de 30 ballets.

Il travaille ensuite à Londres, Copenhague et Paris, où il crée Les Créatures de Prométhée pour l'Opéra. Malade, il recommande un suppléant, Serge Lifar, qui prendra sa place comme maître de ballet.

Balanchine travaille ensuite avec les Ballets russes de Monte-Carlo, puis émigre aux États-Unis où il fonde, en 1934, la School of American Ballet et dirige l'American Ballet. C'est l'ouverture d'une école dont beaucoup de professeurs sont russes ; . Et dans sa première chorégraphie "américaine" Sérénade, Balanchine développe un style sophistiqué quoique abstrait. De nouveau, il "laisse la danse être la vedette des spectacles" ce qui veut dire qu'il se passe d'arguments.
En collaboration avec Stravinsky, russe émigré comme lui, il crée "Apollon Musagète" en 1928. Il comprend à travers la partition de Stravinsky que "les gestes comme les sons en musique et les teintes en peinture ont certaines similitudes et témoignent  d'une visualisation de la musique, " transformant le son en mouvement" - "Ils imposent leurs lois". A la faveur de leur amitié qui ne se démentira jamais, une kyrielle de chefs-d'oeuvre voit le jour. "Le baiser de la fée" en 1937, "Jeux de cartes" en 1937, puis "Orpheus" en 1948, "Agon" en 1957, "Ebony Concerto" en 1960, "les 4 tempéraments" 1946 et "Symphonie en ut" sur une musique de Bizet en 1947, pour ne citer que les plus connus.

Balanchine, s'il apprécie les bons danseurs, voue son génie à la célébration de la danseuse qu'il aime : longiligne.. bras très fins, longues jambes étirées, tête menue sur un long cou... le modèle Suzanne Farrell qui sera son égérie pendant longtemps.
Il se maria 5 fois avec ses étoiles : Tamara Geverkeva, Alexandra Danilova, Vera Zorina, Maria Tallchieff et Tanaquil Leclerc.
Défenseur d'une danse féminine, il tenait un peu les danseurs comme simple soutien.
"La femme est la reine de la danse et l'homme n'est que son serviteur... Le corps humain est une merveille en soi et particulièrement le corps féminin".
Outre les femmes, la musique était son sa deuxième source d'inspiration.

Quand vous avez à composer un ballet, vous écoutez et réécoutez la musique ?
Non, je ne l’écoute pas, je la regarde. Je lis la partition, c’est ainsi qu’on comprend la musique. La musique, ce n’est pas seulement la mélodie, l’harmonie, le rythme, c’est aussi la personnalité du compositeur. Il faut sentir qui il est réellement. Stravinski, par exemple, c’est un Turc, et un acrobate. Sa musique est à la fois orientale et très russe, pas à la manière de la Russie actuelle ou des restaurants russes, pas blinis-vodka, mais russe à la manière des Scythes devant un ballet,
il faut voir la musique et entendre les danseurs.…

Ici avec Suzanne Farrell sont égérie -


Posté le 12/05/2008 | 34 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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